Ebola: Exploitation de l’ignorance

Aujourd’hui j’ai la rage, et je ne vais pas verser dans le lyrique ou l’écriture d’un poème. Aujourd’hui j’ai les crocs et la raison est toute simple: EBOLA. Ne le prenez pas mal, je ne fait pas parties des négationnistes niant l’existence de ce mal, préférant une version plus édulcorée d’un complot au vues fallacieuses. je ne suis pas non plus de ceux qui sont alarmistes et exagèrent tout. Et cela c’est le sujet de mon propos ce soir. La pluie de désinformation qui nous est versée chaque jour à propos de cette maladie. Et par dessus tout le flot d’inepties sorties depuis quelques temps par certaines personnes.

La faute aux médias?

On connaît le virus Ebola depuis les années 70. On sait qu’il ne se transmet pas facilement d’une personne à une autre. Et pourtant, ce virus fait peur, surtout depuis qu’on a eu à soigner les premiers patients hors de l’Afrique. Et ces craintes irrationnelles affectent les travailleurs humanitaires et les journalistes appelés à couvrir l’épidémie. « Les gens au Liberia nous ont souhaité bonne chance. Ils craignaient qu’à notre retour, on soit traités comme des pestiférés », dit la journaliste Adrienne Arsenault après un reportage. Cela ressemble un peu aux réactions irrationnelles à la peste, une maladie qu’on ne sait pas soigner, et peut être est-ce là le mal. Cette panique, cette crainte, est entretenue par une couverture excessive des médias, surtout les chaînes d’information câblées aux États-Unis. [Nous en parlerons plus bas, de long en large, en dedans et à travers]. Avant cela, je vous invite à lire cet article d’une journaliste canadienne: http://blogues.radio-canada.ca/correspondants/2014/10/28/retour-de-lebola/

Les Etats-unis: parlons-en!!!

Etats-unis où plusieurs propos déplacés, frisant le racisme, mais je dirai plus la connerie, ont été tenus par des journalistes à l’antenne en « prime time »

En 1976, les premiers foyers de malades atteints du virus Ebola ont été identifiés au Soudan et la RDC, entraînant la mort de plus de 400 personnes. Plusieurs récidives au fil du temps dans plusieurs pays africains (RDC, Ouganda, Soudan, Gabon, Côte d’Ivoire), n’étant contrôlés que par les efforts conjugués des différentes communautés, des professionnels de la santés. Pendant tout ce temps, les pays occidentaux (Etats-unis en tête) sont restés silencieux. Les décès de milliers d’Africains à travers du continent étaient trop insignifiants pour être exploités comme informations par les médias rivés à l’objectif d’augmenter leur audimat pour le gain en capital. L’épidémie progresse rapidement. En Décembre 2013, Ebola tue un garçon guinéen âgé de 2 ans et sa famille – ce qui marque le début de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, laquelle s’est poursuivie avec le décès d’environ 4877 personnes [à ce jour]. Une fois de plus, les États-Unis sont restés silencieux …

Jusqu’à ce que le diagnostic du virus Ebola atteigne deux missionnaires blancs américains, marquant ainsi l’«altérité» de l’Afrique et des Africains, ce qui est typique de la société américaine. Soudain, la vie de deux Américains blancs l’a emporté sur celles des milliers de personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone luttant contre la maladie et des milliers de personnes qui avaient déjà succombé à la maladie. Soudain, cette maladie, inconnue de la majorité de la population des États-Unis, a ouvert la voie de ses frontières et a violé le contrat du privilège garantissant l’immunité de ses citoyens contre toutes choses étrangères et désagréables.

Ainsi a commencé une inondation d’ignorance, de désinformation, de racisme, de mépris de la pauvreté, et de xénophobie via la machine médiatique d’information – dans le prolongement de son héritage, par association de l’immigration et de la maladie, ce qui exacerbe les sentiments anti-immigrés et déshumanise l’Afrique et les Africains. Tandis que les médias se sont précipités pour dépeindre les missionnaires de la manière la plus prestigieuse, Thomas Eric Duncan – un ressortissant libérien qui a été diagnostiqué avec le virus Ebola à Dallas au Texas le 30 Septembre, mort le 8 Octobre – a été diabolisé et ridiculisé, probablement en raison de sa peau noire, de son passeport étranger, et de son statut de classe. Face à une frénésie des médias d’informations caractérisant les Africains (plus que la maladie) sous un jour négatif, les communautés africaines aux États-Unis ont lutté contre des sentiments racistes et xénophobes croissants, tandis que Ebola continuait de tuer des gens partout en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia.

Dans le Genre «Les Sauvages»: le Gibier de Contrebande comme Tactique de Terrorisation!!!
L’édition du 21 Août de Newsweek présente en vedette l’article de Gerard Flynn et Susan Scutti intitulé « Le Gibier de Contrebande en Amérique est la Porte d’entrée dérobée d’Ebola« . Le titre et la couverture ne sont que l’amorce d’un article problématique. les auteurs parviennent à utiliser l’imagerie et la langue de l’«altérité» trouvées à foison dans [l’imagerie et] logorrhée des médias occidentaux, à invoquer la langue xénophobe, à ne présenter à peu près aucune preuve statistique pour justifier l’importation de gibier de contrebande aux Etats-Unis et instiller la peur de tout un continent. Jouant sur l’ignorance du grand public, les auteurs tentent d’installer la peur d’une crise sanitaire imminente portée par le désir insatiable de gibier d’une population immigrée africaine croissante. Le gibier, un terme utilisé pour les animaux non domestiques destinés à la consommation, a été traditionnellement utilisé en référence aux habitudes alimentaires des populations africaines. Je suppose qu’il n’y a pas de citoyens américains qui consomment du lapin, du cerf, de l’écureuil, de l’opossum, du renard et d’autres animaux non domestiques. Tandis que le gibier est consommé par de petits segments de la population vivant dans les régions de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone sinistrées par l’Ebola, la majorité des populations de ces nations ne mangeant pas de chimpanzés – le contact humain à humain est le
principal mode de transmission du virus Ebola.

L’article est truffé d’hypothèses et de généralisations, offre peu ou pas de preuves à l’appui de ses insinuations, et est écrit dans un style similaire aux premiers articles et romans sur le «continent noir». Le second paragraphe de l’article indique d’emblée les intentions de l’auteur quand ils entrent dans le Bronx « … à la recherche du gibier de brousse, de la récolte de viande issue de la faune africaine, et des mets considérés comme délicats par diverses ethnies des communautés d’expatriés d’Afrique de l’Ouest partout dans le monde.» S’appuyant lourdement sur ​​un seul entretien avec un américain d’origine ghanéenne et des statistiques limitées et dispersées, les auteurs en concluent que l’augmentation du nombre d’immigrants africains aux États-Unis augmentera la probabilité d’une épidémie d’Ebola aux États-Unis – appelant en fin de compte à la réduction des échanges avec les pays africains. En considérant les tendances passées et présentes concernant les maladies d’origine alimentaire aux États-Unis, attribuées aux bactéries Salmonella, Campylobacter, et Vibro ayant causé la mort de 80 personnes en 2013, et les segments de populations connues pour consommer des animaux non-domestiques, en quoi est-il acceptable de supposer que, tant le « gibier de brousse » que la « porte dérobée » de la contrebande constitueraient une menace d’Ebola aux États-Unis? Cet affichage de journalisme irresponsable et bâclé joue sur la fascination des médias dépeignant les peuples africains comme « autres », qui consommeraient de la nourriture infestée de maladies, en dépit des risques encourus pour leur santé.

Attitudes Racistes dans la Couverture de l’Actualité Ebola

Après le diagnostic de Thomas Eric Duncan concernant le virus Ebola, les journalistes de Fox News s’en donnent à cœur joie avec les propos racistes, xénophobes, leurs remarques ciblant les Africains sur le continent et la communauté Africaine aux États-Unis. Dans leurs clips et suivis les journalistes de Fox News parviennent à fusionner les attitudes racistes et l’interprétation erronée de statistiques et de rapports en vue de l’augmentation de leur taux d’écoute.

Je vous invite ici à regarder ces vidéos d’une émission sur FOX News le 06 Octobre 2014:

Tantaros, O’Reilly, et Goldberg (dans l’émission du 6 Octobre The O’Reilly Factor) utilisent leurs plates-formes de reportages pour formuler et lancer un assaut direct contre la médecine indigène, la connaissance et la spiritualité de tout le continent africain. Avec peu ou pas de compréhension de l’Afrique, des Africains et de la Diaspora Africaine, tous trois hardiment et fort librement présentent leurs affirmations mal documentées aux téléspectateurs – clairement soulignées avec des propos et des attitudes racistes. Cela commence par l’affirmation de Tantaros de sa compréhension des pratiques de santé et des préférences de tout un continent. Elle déclare: « Je l’ai dit auparavant, je vais le dire à nouveau, dans ces pays, ils ne croient pas dans les soins de la médecine traditionnelle et quelqu’un pourrait descendre d’un avion pour aller se faire soigner par un sorcier qui pratique la Santería« . En moins de 60 secondes, elle affiche un niveau effrayant d’ignorance et de manque de respect. Elle a non seulement caractérisé la grande majorité des peuples africains comme résistants à l’assistance médicale, mais elle campe l’affirmation selon laquelle les Africains venant aux États-Unis (si, sciemment infectés par le virus Ebola) chercheraient l’aide de «sorciers» qui pratiquent la Santería – une religion afro-cubaine. Plusieurs problèmes se posent avec la déclaration de Tantaros. Tout d’abord, Tantaros a une absence totale de compréhension de la différence entre les cultures de la Diaspora Africaine et de l’Afrique. La Santería est pratiquée parmi les Afro-Cubains et ces croyances, ces traditions et ce folklore sont basés chez les Yoruba traditionnels (un groupe ethnique situé au Nigeria). La Santería n’est pas pratiquée en Guinée, au Libéria ou en Sierra Leone.

Deuxièmement, il est difficile d’affirmer que la majorité des populations de Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone n’acceptent pas l’aide de services médicaux. Alors que des segments de la population ne reposent que sur ​​la médecine indigène (qui s’est avérée être efficace dans la lutte contre certaines maladies et affections), le manque d’argent et de transport d’une grande partie de ces populations sont massivement plus dissuasifs que la méfiance des médecins occidentaux. En outre, la méfiance à l’égard de la médecine occidentale n’est pas farfelue en considérant les occurrences passées qui ont violé la confiance et les droits de l’homme Africain et descendant d’Africain (voir l’Apartheid Médical – qui décrit une histoire noire d’expérimentation sur les populations noire depuis la colonisation jusqu’à ce jour – et la Honteuse Ignorance par l’Amérique de l’Ebola. Des livres que je vous recommande, pour peu que vous ayez le cœur bien accroché).

Bill O’Reilly n’est pas en reste. Il commence son intervention avec un rapport de Médecins Sans Frontières mal contextualisé concernant la dépendance des populations rurales de plusieurs pays africains à la médecine traditionnelle. Bernie Goldberg continue sur le même point, insistant sur le fait que « beaucoup d’Africains au Liberia, en Sierra Leone, et des endroits comme ça, les gens sont arriérés. » Ils sont clairement mal informés, manipulent des connotations racistes et sont irrespectueux. Ce qui est alarmant dans ce besoin de nouvelles enquêtes approfondies, c’est la proclamation publique de l’arrogance et de l’ignorance [Urbi et orbi] parmi les correspondants des médias, ainsi que le manque de maîtrise des compétences (c’est-à-dire la recherche de multiples sources d’information) nécessaire pour réaliser le commentaire d’une information.

Aller de l’avant

Bien que l’intention première semble de vouloir inculquer des attitudes négatives envers les Africains et les Immigrants Africains aux États-Unis – appelant à la fermeture des frontières des États-Unis, à l’augmentation des contrôles aux aéroports, et à d’autres mesures extrêmes pour limiter une épidémie d’Ebola peu probable. La peur et la panique n’ont pas été dirigées de manière à aider ceux qui luttent contre le virus Ebola, mais plutôt vers les personnes considérées comme des navires propagateurs de la maladie, à savoir les Africains, indépendamment de leur origine nationale, de leur statut d’immigrant ou de citoyen autochtone.
Heureusement, cette position ne représente qu’une partie infime de l’occident. Il existe, heureusement pour nous, des personnes qui vont à contre courant de la pensée décrite plus haut. Miles O’Brien ; Sur CNN, critique radicalement la Couverture de l’Ebola par les Médias: « Je suis gêné pour nos confrères du journalisme, Elle reflète un niveau d’ignorance que nous ne devrions pas permettre dans nos médias » Comme quoi l’humanité prendra toujours le dessus sur la bêtise. J’aime terminé mes articles par des notes d’espoir.

http://reliablesources.blogs.cnn.com/2014/10/05/media-treatment-of-ebola-going-too-far/

Alors c’est quoi la vérité?

Je vous invite à lire cet article Wikipedia, qui est assez complet sur le sujet. Il couvre tous les aspects, tant historique qu’épidémiologique. Il faut noté que vous y trouverez tous les conseils de préventions: http://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_Ebola

Je finirai par un avis personnel, je vous recommande de pas céder à la panique, car la panique altère notre capaicité à prendre les bonnes décisions et notre réactivité. En un mot, « Don’t worry, be happy« . Après tout, Ebola, c’est pas la fin du monde, ya des maladies qui font plus de ravages, Paludisme, Hepathite, etc. Alors tant que nous sommes en vie, profitons du voyage et ne nous laissons pas troubler par le voisin grognon dans le train qui nous empeche de profiter du paysage.

Bon week-end.

3 réflexions au sujet de « Ebola: Exploitation de l’ignorance »

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