Bref…

Il y’a 6 années, débutait une aventure extraordinaire et j’ai eu l’insigne honneur d’en faire partie.  Je vous propose ici un récit fiction d’u extrait d’un roman qui a été best-seller au Cameroun en 2042 : ″Mémoires d’un Orphelin″. Toute ressemblance avec la réalité serait fortuite.

Au plus loin que remontaient mes souvenirs, je ne trouvais nul moment plus exaltant et plus accompli que celui que j’avais vécu cet après-midi il y’a de cela plusieurs années maintenant. Jusqu’à ce jour-là, mes moments de bonheur avaient toujours été assez basique, oxydés par la peine d’être mon seul ″devant-derrière″ depuis ma tendre enfance. Mes amis, tous orphelins comme moi, entassés que nous étions dans cette maison que le grand cœur de ″Mama Madé″ avait mise à notre disposition, essayions tant bien que mal de nous frayer un chemin dans la vie, et de profiter au maximum des moments de joie et de bonheur que nous pouvions nous créer entre les tâches ménagères, les devoirs (pour ceux qui allaient à l’école), s’occuper des plus jeunes, etc.

Oui vous devez l’imaginer, la vie n’était pas belle pour nous. Mais nous n’étions pas les plus à plaindre. Nous au moins, on avait un toit au-dessus de nos têtes, même si parfois par temps de forte pluie, on avait l’impression de dormir à la belle étoile. Nous au moins, on avait un repas minimum par jour. Nous au moins, on avait une famille et un peu de sécurité. Je ne pourrais en dire autant de mes amis ″Nanga-Boko″  du boulevard de la liberté. Boulevard qui fut mon domicile 5 longues années entre délinquance, drogues et prisons quelques fois. Oui nous étions bien lotis ici à l’orphelinat que tentait de faire survivre ″Mama Madé″ aidée seulement de sa petite sœur qui nous avait rejoints après le décès tragique de son époux. Certes notre vie n’était pas celle que l’on pouvait souhaiter à des enfants, mais il faut le dire, nous n’étions pas les plus à plaindre. Même si à l’époque je ne pensais pas ainsi, en attestent mes multiples fugues. Mais à chaque fois ″Mama Madé″ avait eu le grand cœur de me reprendre, allant même pleurer dans les commissariats pour récupérer ″son″ enfant. Des âmes de bonnes volontés se manifestaient de temps en temps et cela nous permettait de mettre des « Arachides dans notre tapioca ». De tous les visiteurs que nous avons eu, un seul restera spécial dans ma vie, et maquera à jamais ma vie, faisant de moi l’homme que je suis aujourd’hui.

[…] Lorsque quelques jours avant ce fameux samedi dont je parlais plus haut, ″Mama Madé″ nous avait annoncé que nous recevrions bientôt un groupe de jeunes venant nous aider. Cela ne nous avait pas enthousiasmé des masses. Des visiteurs, nous en recevrions assez souvent, presque toujours là pour se montrer, accompagnés de caméras, posant avec nous tel des trophées, une façon de dire ″j’ai fait ma Bonne Action de l’année, on peut retourner à la vraie vie″. Du coup, mes ″frères″ et moi n’avions pas montrés beaucoup d’engouement quand Elle avait exigé que nous fassions le ménage, et préparions des sketchs pour nos hôtes. Une fois de plus nous allions être des bêtes de foire utilisées à laver la conscience de ceux qui se reprochaient de vivre dans l’opulence. Je me trompais grandement cette fois. Car oui, cette fois ce fut diffèrent !

Déjà de voir leur nombre. Ils étaient une vingtaine, certains accompagnés de leurs enfants. C’était la première fois de ma vie que je voyais cela, des personnes venant avec leurs enfants dans un orphelinat. Ils étaient jeunes, je me rappelle que nous sommes restés des semaines à nous interroger sur qui serait le plus âgé de ce groupe et avait-il seulement 35 ans? Tout cela sous le regard amusé de notre ″Mère″. Plus important ils étaient fous et on pouvait voir qu’ils étaient contents d’être là. Ils prenaient vraiment du plaisir à être là et à nous donner un coup de main. Au cours de ma vie, j’avais appris à feindre mes sentiments et je savais reconnaitre quand la personne en face le fait, mais ceux-là, je peux le dire, n’ont pas fait semblant du tout ce jour. Et cela a ouvert nos cœurs. Cela a ouvert ma vie !

Déjà ils étaient arrivés dans la matinée. Heure curieuse pour une remise de dons, la plupart préférant venir en après-midi. Ils portaient eux-mêmes leur dons ; sur la tête pour certains, sur le dos pour d’autres. Et les dons pour la premières fois n’étaient pas que des vivres et des médicaments. Ils nous ont aidés à faire le ménage, à défricher la parcelle. Ils ont peint toute la maison, refait nos lits, donné de nouveaux matelas, des ordinateurs (Ce fut mon premier contact avec un ordinateur). Ils ont fait la cuisine pour nous dans notre cuisine qu’ils avaient aussi rénovée. Ils ont mangé à même le sol avec nous, dans nos assiettes. Leurs enfants ont joués et mangé avec nous, pauvres orphelins. Et l’après-midi, n’a été que joie. Nous avons joué à tous les jeux imaginables. Mes mais et moi avons même regretté de n’avoir pas préparé de sketchs ni de danse comme nous l’avait ordonné ″Mama Madé″. Car eux, ils étaient préparés !!! Nous nous sommes demandés pendant des mois qui ils étaient. A notre connaissance, il n’y avait pas parmi eux un footballeur célèbre, un chanteur à la mode, un fils de milliardaire connu pour ses frasques et virées nocturnes, pas de personnalités. Une bande d’anonymes au cœur grand. L’émotion de notre ″mère″ pendant cette journée était palpable. Elle en avait pourtant reçus plus d’un, et certains donnant même beaucoup plus que ce groupe. Elle était restée assise dans un coin, en pleurs, observant du coin de l’œil ″sa″ famille se réjouir. Ils étaient arrivés ″prêts″ et préparés à nous donner le maximum de leur cœur.

Préparés à nous donner de l’amour vrai. Du réconfort, de la joie. Et surtout pour moi de l’espoir. Toutes ces personnes que j’avais honnies jusqu’à ce jour les accusant d’être la cause de tous mes malheurs. Mettant sur leur dos tous mes échecs. Eh ben elles n’étaient pas toutes pareilles. En cette bande de jeunes, j’avais découvert la foi et l’espoir. Après ce jour, je ne fus plus jamais le même. Je devins plus travailleur, je voulais être comme Tonton William T. qui m’avait beaucoup entretenu ce jour. Je devins plus proche de mes frères, je voulais être comme tonton Christian T. qui semblait rassembler autour de lui ces jeunes animés de sentiments nobles. Je devins meilleur à l’école, je voulais être comme tous ces jeunes venus ce jour à notre rencontre le cœur sur la main. Oui ce jour ma vie démarra.

Depuis ce jour, j’ai fait beaucoup de chemin. Je ne sais pas où ils sont allés ni ce qu’ils sont devenus. Si seulement ils pouvaient me voir aujourd’hui ! Assis dans ce beau fauteuil en cuir. Aujourd’hui père d’un adorable garçon. Si ″Mama Madé″ pouvait me voir. Je lui avais promis de réussir dans ma vie pour la rendre heureuse et la sortir de la misère dans laquelle son grand cœur l’avait entrainée. Si elle pouvait me voir. Elle, partie il y’a quelques années, retrouver son créateur. Ma vie n’est pas rose à présent, mais j’ai réussi plus que ne pouvait le présager mon enfance. Je comprends mieux le sacrifice qu’a fait ce jour cette bande de jeunes en prenant leurs revenus, leur temps pour venir à moi. Moi qui arrive si difficilement à gérer mes fins de mois aujourd’hui que je travaille et gagne aisément ma vie. Aujourd’hui membre influent de la société civile dans le Cameroun Enervant Emergent de 2041, je ne n’oublie pas pour autant d’où je viens. Je n’oublie pas tous ces visages. Tous ces visages et tous ces sourires restent à jamais gravés dans mon cœur. Je peux le dire haut et fort, ce jour-là, j’ai vécu le plus beau jour de ma vie.

Bref KF Heart est passé dans ma vie….

Une réflexion au sujet de « Bref… »

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