End of the Road…

Dans l’article précédent, Game-Over, je vous présentais les problèmes de couple. Aujourd’hui, nous allons parler de séparation. Sujet parfois difficile à aborder. Dois-je le/la quitter ? S’il n’a jamais été aussi facile de divorcer qu’aujourd’hui, choisir de mettre fin à son mariage reste une décision difficile à prendre. 

« C’est décidé, je divorce« . Encore difficilement accepté il y a une dizaine d’années à peine, divorcer est aujourd’hui devenu banal. A l’heure où un mariage sur deux finit par une séparation, la tendance est même à la rupture express. Et pour cause : depuis quelques années, les procédures judiciaires en matière de séparation ne cessent d’être simplifiées. Actuellement, on peut mettre fin à son mariage en trois mois à peine. Mais si l’on peut désormais divorcer plus facilement, s’y résoudre reste une décision difficile. Et surtout, à ne pas prendre à la légère. Car se décider trop vite, c’est prendre le risque de le regretter… tout aussi rapidement. Divorcer… ou pas ? Un choix dont il est important de bien mesurer toutes les conséquences.

Dois-je le/la quitter ?

Dans bien des cas, les couples se séparent trop vite. De plus en plus, on consomme le couple et on le jette quand il ne nous satisfait plus. Avec l’individualisme et la quête d’épanouissement personnel qui règnent actuellement (déjà évoqués dans l’article précédent Game-Over), les frustrations sont plus douloureuses, moins acceptées. On a moins tendance à faire des compromis. Mais toute crise de couple n’implique pas une séparation impérative.

Ennui, infidélité, baisse du désir, évolutions différentes, sentiment d’étouffer ou au contraire d’être abandonné… Tous les couples se trouvent un jour confrontés à la question d’une éventuelle séparation. Il est important d’oser se la poser. Faire cet état des lieux, c’est s’interroger sur ce qui nourrit le couple. Un couple qui ne nous nourrit plus ne peut plus fonctionner. Il ne s’agit pas de se dire d’emblée « il y a des manques donc je pars » mais de commencer par interroger ces manques. Pourquoi sont-ils apparus ? Qu’est-ce que je veux, ou à l’inverse, ne veux plus ? La première question finalement, ce n’est pas « que dois-je faire ? » mais « comment en est-on arrivés là ? ». La règle à suivre: « Ne pas se jeter sur le symptôme d’une crise. Prendre le temps de le mûrir, de le penser, voire… de le panser. »

Tout est-il de sa faute ?

Avant toute décision, une remise en cause s’impose. De son couple, évidemment, mais avant tout, de soi-même. Et si tout n’était pas de la faute de l’autre comme nous avons souvent tendance à le penser ? Il faut d’ailleurs se garder de se positionner comme une victime. « C’est refuser de se remettre en question. Sauf que lorsque l’on ne recherche ni compromis ni solutions, on se retrouve dans une impasse. » Un couple, c’est deux personnalités, ayant chacune, dans les grands moments comme dans les pires crises de son histoire, leur part de responsabilité.

Faut-il se décider rapidement ?

Des couples qui se séparent en quelques semaines à peine, ça existe. On est toujours étonné de la promptitude à se quitter aussi vite après des années de vie commune. Il faut du temps pour commencer à se poser des questions. Et encore du temps pour commencer à y répondre. Quand on sait que divorcer est possible, qu’il existe une porte de sortie, il n’y a plus à être poussé par l’urgence. L’allié de toute séparation : le temps. Pas de précipitation donc ! Se décider vite, c’est une manière de se décharger de cette tension interne qui nous habite en période de crise. Mais c’est illusoire. On court-circuite sa pensée par l’action. Sauf que réagir à l’emporte-pièces est toujours destructeur. « Combien de divorces mal vécus à cause de ce sentiment d’avoir tout perdu tout en n’ayant rien réglé ! » Sans compter que le risque est grand de répéter le même fonctionnement – et peut-être le même échec -, dans le couple suivant.

Ai-je pris la bonne décision ?

A la difficulté de la décision s’ajoute toute une foule de questions à régler. Matérielles : comment partager les biens, comment gérer cette perte de son niveau de vie ?… Mais surtout, personnelles : vais-je pouvoir vivre seul(e) ? Quel regard les autres vont-ils porter sur moi ? Un plongeon effrayant dans l’inconnu et la solitude. Et qui explique, certains préfèrent parfois rester ensemble malgré leur désamour. D’autres restent pour les enfants, pour leur éviter le traumatisme d’une séparation. La question, c’est quelle image veut-on leur renvoyer ? Celle d’un couple et d’une vie adulte où tout le monde est malheureux, agressif, déprimé ? « Mieux vaut une séparation bien assumée qu’un couple qui se déchire sans se séparer. » Les deux partenaires ne doivent pas perdre de vue que si leur séparation sonne le glas du couple conjugal, il ne sonne en aucun cas celui du couple parental. L’important ? Ne pas régler ses comptes par le biais des enfants. Arriver à rester un couple parental, c’est continuer à se parler malgré la séparation.

Comment surmonter sa culpabilité ?

Rares sont les personnes qui divorcent sans ressentir de culpabilité. Quand on demande le divorce, comment ne pas penser à la souffrance que l’on va infliger à la personne que l’on a aimée pendant tant d’années ? Incapables de faire face à ce sentiment, certains cherchent d’ailleurs à pousser leur conjoint à partir en premier. C’est lui faire endosser un fardeau que l’on n’arrive pas à porter. Dans la représentation collective, celui qui part est toujours le méchant. Mais il peut être aussi mal que celui qui reste, se sentir également abandonné, trahi. En réalité, il n’est pas le méchant mais celui, qui, à un moment donné, a pris l’initiative de la rupture car il souffrait trop. Une fois la décision prise, reste à l’annoncer. Et il n’existe pas de règle en la matière. La seule chose à retenir, c’est que l’on ne peut pas vouloir divorcer et en même temps ne pas faire de mal. On ne peut pas traverser une crise sans souffrir. L’enjeu, c’est de faire en sorte que cette souffrance ne soit pas destructrice mais qu’elle puisse au contraire être à l’origine d’une reconstruction.

Divorcer : un échec ?

Divorcer, c’est voir son couple, mais aussi un monde, une tranche de vie, s’écrouler. Ainsi que des rêves, réalisés ou non. Difficile alors d’échapper au sentiment de s’être fourvoyé pendant tant d’années. Mais divorce ne rime pas nécessairement avec échec. Qu’il soit librement consenti et mûrement réfléchi. Une séparation n’est pas toujours une fuite. On peut sentir que l’on est arrivé au bout de son couple, que l’on ne peut plus avancer, et décider de s’ouvrir à une autre possibilité pour rebondir de façon plus mature. Toute crise nous force à évoluer. Aux membres de chaque couple de décider s’ils en sortiront ensemble ou chacun de leur côté.

Bien que ce sujet soit assez difficile à aborder en vertu de son caractère assez délicat, j’espère avoir de nombreuses réactions à cet article. Bonne fin de journée à tous.

11 réflexions au sujet de « End of the Road… »

  1. « Mieux vaut une séparation bien assumée qu’un couple qui se déchire sans se séparer. »
    je suis de cet avis, il vaut partir quand on se supporte encore…. Il ne sert à rien de polluer la vie de l’un et l’autre. la séparation libère et parfois aide à mieux se trouver ou se retrouver.

    Pour finir, qu’ils aillent se faire voir les bien pensant…. Si l’on devait abattre les murs des maisons personne n’oserait ouvrir sa bouche sur le dossiers des gens…

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  2. La séparation doit être à mon avis doit, être le fruit d’une conviction. Je pense que nous devons insister, sur la construction d’une relation qui mène au mariage, c’est sur ce chemin qui mélange patience et attention que se fait les obstacles à la vie à deux.

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  3. Ping : Et si on faisais un bout de chemin ! - alaafia.org

  4. Pour moi et en tant que femme, la séparation est une voix vers l’espoir, l’espoir d’une libération qui parfois n’est pas toujours et par la suite l’espéré. En effet, quitter quelqu’un qu’on s’est jadis dis aimer est peut-être la décision difficile qu’il faille prendre lorsqu’on espère s’être trompé et qu’on rêverai d’un lendemain meilleur. Mais qu’à cela ne tienne, il ne faut jamais avoir peur de recommencer lorsque le sentiment d’avoir échoué nous envahi. La peur … ce sentiment si trompeur!

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  5. interresant article.. J viens de decouvrir que ton blog…Pour ma part divorce est un echappatoir, un moyen facile mis en place de fuir face aux problemes…d’aucun dirons que quand ca ne vas pas il ne faut pas avoir peur de recommencer.. mai ma question est kes ce k di k’en recommencant avec queslqu’un, les problemes ne se presenteront plus? bref se remettre en question personnellement est une bonne therapie avant de prendre ce genre de decision.

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  6. Le divorce est de mon avis, l’expression d’un mariage quelque part mal préparé. En effet, lorsque deux personnes sont en couple, avant le mariage, elles traversent parfois beaucoup de crises qui augurent de celles plus grandes qui se révèleront pendant le mariage. Or, en général dans cette société de consommation et du qu’en dira-t-on, beaucoup se précipitent vers le mariage et le regrette amèrement. Je ne suis pas contre le divorce mais je crois fondamentalement que l’on ne l’anticipe pas assez. On ne devrait pas se marier pour divorcer. C’est un traumatisme particulier affligé aux enfants (quoique les parents puisse en dire), une destruction d’une partie de soi-même et même si les blessures nous rendent plus forts, toutes les blessures ne sont pas utiles.
    En tout cas, j’aime les conseils que tu donnes sur comment gérer le pendant pour éviter le point de non-retour. Ces conseils devraient (et malheureusement ne le sont pas souvent) être tout aussi valables pour les personnes en couple qui s’aiment et envisagent éventuellement de se marier un jour.

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  7. Le divorce ne saurait être une partie de plaisir mais cela peut être une libération. On peut se reconstruire après un divorce et on peut sombrer en restant avec un mauvais conjoint. A chacun son opinion mais pour moi, le mariage n’est pas une fin en soi.

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  8. Merci pour cet article. De ma petite expérience le divorce est un processus douloureux. Qui dit divorce dit litige. Une presonne en poursuit une autre en justice. Malheureusement malgré la détresse conjugale ce n’est pas un remède universel. Il ne s’agit pas pour autant de supporter tout bonnement un mariage malheureux.
    Pour beaucoup reconstruire son couple est trop difficile donc la séparation nous semble être la chose la plus évidente qu’il soit. Et on va foncer dedans, se trouver des excuses; fantasmer sur notre liberté prochaine….
    Pourquoi ne pas travailler à consolider son couple si tout va mal? Il est clair que là c’est un travail d’équipe… Mais si après on décide de se séparer malgré tout oublions le mythe du divorce facile

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