Je suis vivant

Il est curieux que nos émotions négatives faisant suite à des situations difficiles laissent plus de traces dans nos vies que les émotions positives. La naissance d’un enfant, une rencontre, un baiser, bien que nous remplissant de joie, donnant des couleurs à notre vie, ont un impact très souvent limité par rapport à tout ce qui a une connotation négative : Une déception, une trahison, une rupture, etc. Ces évènements négatifs marquent plus profondément l’homme, et impactent plus durablement son existence que les événements positifs. Comme si en définitive, l’homme était foncièrement pessimiste.

Comme si en définitive, l’homme était foncièrement pessimiste.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est jalonnée de hauts et de bas, mais curieusement, les bas semblent plus nous marquer sur la durée que les hauts. Cela, à mon humble avis parce que nous avons chacun à sa manière, une tendance à trouver qu’il est normal que des choses heureuses nous arrivent. L’obtention d’une promotion, les premiers mots d’un enfant, bien que nous remplissant d’ocytocine, ont toujours un effet euphorique très limité dans le temps. Les effets s’estompant assez rapidement dilués par les responsabilités et la réalité de la vie. Certes on est heureux d’assister à la naissance de son premier enfant, mais très vite cette joie laisse place à l’anxiété, la peur, le désir d’être à la hauteur, de pouvoir subvenir à ses besoins pour les prochaines vingt années au moins, oubliant ainsi de savourer à sa juste valeur la bénédiction à laquelle on vient d’assister.

téléchargementA contrario, les moments difficiles, surtout si ils ont un impact majeur sur le cours de nos vies, ont tendance à s’immiscer même dans notre moi intérieur. On s’identifie à cet échec ou à cette perte ; on baisse la tête, fermant les yeux aux opportunités qui souvent sont à portée de main et nous auraient probablement permis de rebondir immédiatement. Et plus on se morfond, plus, on creuse son trou de déprime et en sortir devient presque impossible. Aidé en cela par le déni qui parfois nous donne l’illusion que le problème est inexistant, déni qui nous pousse par orgueil plus que par pudeur à refuser la main tendue des personnes lucides alentour. On reste ainsi englués dans sa torpeur, construisant un environnement de noirceur qui ne saurait attirer la félicité. On échoue à tout ce qu’on entreprend, notre CV auparavant si attractif, ne nous ouvre plus aucune porte. On devient aigri, anxieux, colérique, on en veut à la planète entière, mais surtout pas à soit même. On repousse les personnes qui nous aiment et qui pourtant nous auraient aidées à traverser ces épreuves avec moins de dommages.

On veut avancer, car on est vivant.

Et puis un jour il y a ce déclic, provoqué ou stimulé. On redresse la tête, on pose la main sur la poignée et on entre-ouvre la porte. On regarde au dehors, on constate, on accueille la lumière. On sent dans son corps et dans sa tête que la douleur, la peine est toujours là, mais qu’elle paraît moins envahissante, moins forte. C’est par cette interstice qu’on laisse poindre un filet de lumière, synonyme d’espoir, de restauration. On prend conscience de la réalité, on ose se regarder vraiment dans le miroir et on se juge pour la première fois (depuis longtemps) à sa réelle valeur. Même si à la bourse des valeurs, le cours de notre action a pris un coup, on reste sur le marché, et on accepte enfin la nouvelle donne. On veut avancer, car on est vivant.

images1En regardant derrière soit, on voit dans notre sillage, les larmes, les sourires frustrés, les regrets, les opportunités, les désillusions, la douleur, la mélancolie que notre « self-apitoiement » a causé autour de nous. On se rend compte du nombre de personnes qu’on a rendus malheureuses alors qu’elles ne demandaient qu’à aider. On se rend compte qu’au départ, on n’était pas si innocent qu’on a voulu s’en convaincre. On se rend juste compte qu’on n’est pas seul sur terre, et que bien qu’on se soit estimé inutile, « fini » à un moment, il y’a des personnes pour qui on compte, et qui au-delà de notre sale caractère ont persévéré et décidé, coûte que vaille, de croire en nous, d’espérer en nous.

Gilles, Pascale, Fernand, Cyrille, Augustin, Ange, Ruth, Irene, Lucie, Christian, Sammy, Armelle, Anne, Alvine, Alex, Yasmine, Aristide, Bertille, Claudia, Lincoln, Marie, Barbara, Hillary, Roger, Edith, Emmanuelle, Michel, Evelyne, Colette, Estelle, Reine, Leila, Green, Michelle, Fabrice, Corinne, Célestin, Laura, Laety, Joseph, Carole, Muriel, Eric, … (Massa, je peux pas citer tous vos noms hein…). Merci. Grâce à vous, je suis en vie !

6 réflexions au sujet de « Je suis vivant »

  1. Émouvant, j’ai vécu cela moi aussi et grâces à l’amour de Dieu et de nombreuses personnes je suis EN VIE. Mon frère merci pour cette publication qui à coup sûr aidera d’autres à s’en sortir.

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  2. Notre côté « naturellement » pessimiste vient du fait que nous sommes plus enclins a laisser les pensées négatives prendre le contrôle de notre esprit. On doit véritablement et activement prendre le contrôle de nos pensées , de manière intentionnelle chasser et éradiquer toute pensée dévalorisante (de manière perso, mon ‘truc’ c’est qu’à chaque pensée ‘négative qui survient dans mon esprit, j’ai toujours a portée de ‘pensée’ -hihihi- un verset biblique qui s’y oppose fermement 🙂 Bel article et je te souhaite de garder la tête super haute car ta valeur n’est nullement déterminée par ce que tu penses de toi, mais par ce qu’iL pense de toi, ou bien? 😉 xoxo

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